Outils et déclinaisons : une conversation avec Étienne Robial
Étienne Robial n’a jamais cessé de penser en systèmes. Dans cet échange avec François Chevret, il revient sur son rapport aux outils, à l’accumulation, à la déclinaison et à la fabrication. Une conversation où le regard, plus que la collection, sert de fil conducteur.
Étienne Robial a eu plusieurs vies. Directeur artistique pour Barclay, libraire, éditeur de bandes dessinées avec Futuropolis, graphiste, créateur de typographies, d’identités visuelles, de formules de magazines, inventeur de l’habillage de chaîne télé. Il va durant 25 ans, assurer la direction artistique générale de Canal + tout en étant enseignant à l’ESAG Penninghen.
En octobre 2015, Étienne Robial donnait une conférence au Centre Pompidou participant au cycle « Faire collection ! ». C’est à cette occasion que je découvre sa passion de collectionneur pour les outils et les objets propres à son métier. Je le rencontre l’été dernier dans les locaux de sa société de production On/Off près du parc Georges Brassens dans le 15e arrondissement.
Étienne Robial : Là, dans ces tiroirs, ce sont des criteriums (la marque Criterium est devenue, lors du rachat de Conté par BIC en 1983, un commun pour porte-mine), il y en a plusieurs milliers. Le traditionnel tout aluminium, mais aussi le noir, plus courant. Des criteriums avec l’ancien logo, avec le nouveau logo. Je viens d’en recevoir un à l’instant, il est en plastique. Il va rejoindre ses petits camarades !!! En règle générale, j’essaye de me raisonner en me disant que j’en ai déjà beaucoup et que je ne vais pas en acheter de supplémentaire. Mais l’envie, c’est toujours d’en trouver un qui aurait quelque chose de différent des autres. La particularité de ces criteriums, c’est qu’ils ont des numéros spéciaux à cause de la couleur. La couleur de la mine, mais aussi la couleur ou la matière de l’embout. Il y a la longueur du corps qui est aussi un paramètre à prendre en compte. Et puis la boîte d’origine, si possible en parfait état de conservation. Le 2616, c’est le rouge. Quand ils sont bleus, c’est 2615.
Des porte-mines de la marque Criterium donc, mais aussi Caran d’Ache. La pièce rare je ne n’ai jamais trouvée en Criterium, c’est le modèle bicolore, rouge et bleu.

François Chevret : Qu’est-ce qui fait que ce modèle est rare ?
Étienne Robial : Quand tu en as des milliers qui ont été produits, que tu es sur le terrain depuis de nombreuses années et que tu en trouves un par hasard, tu peux en conclure que c’est un modèle rare. Mais c’est aussi lié à mon mode de recherche. Je suis un « handicapé numérique », je ne fais pas trop de recherches sur internet, je privilégie les brocantes, les vide-greniers. Le plaisir de fouiller, de découvrir. Celui que je viens de recevoir, je l’ai payé 12€, c’est un ancien étudiant qui me l’a signalé sur eBay. Depuis des années, j’ai, sans le vouloir, incité des rabatteurs qui se sont laissés prendre au piège sachant que j’étais intéressé par les criteriums, et c’est toute une communauté qui s’est créée. Et comme le criterium bicolore est introuvable, j’ai commencé à acheter d’autres bicolores. Celui-ci est japonais, il est splendide. Là, il y a des crayons Baignol & Farjon ou, ici, encore une pièce rare, des bicolores Conté d’avant le Criterium, ils sont magnifiques. Ce qui m’amuse, c’est toute l’histoire qui va avec.
Le rouge-bleu était utilisé à la SNCF pour distinguer les 1res des 2e classes. Au théâtre, c’était balcon/orchestre, cela servait aussi aux ébénistes pour repérer les morceaux entre avant bleu et arrière rouge ou droite bleu et rouge gauche. Et tu as aussi ces crayons non pas bicolores, mais 4 couleurs, c’est bien avant le BIC. Je n’ai jamais trouvé le modèle complet, le 705 ou 706 de Marquise. Je n’ai que des pièces séparées, avec un obus de chaque côté. Et, tu vois, par la petite fenêtre dans le corps du crayon, on aperçoit la couleur de la mine à l’intérieur.

Il y a 10 ans, en 2015, tu as donné une conférence au Centre Pompidou. Tu présentais les choses, les objets et ils sont nombreux. Tu ne racontais pas le point de départ à tout cela, tu ne parlais pas du pourquoi tu collectionnes ?
Comment ça commence ? C’est, je crois, simplement lié à mon boulot dans ce qu’il a de plus physiologique c’est-à-dire que c’est toujours visuel. Parce que la forme, parce que le dessin, parce que la couleur ont un quelconque intérêt pour moi. Je ne parle pas à proprement parler de collection, mais plutôt d’accumulation. Je ne suis pas collectionneur de timbres par exemple mais je recherche le Gandon 1945, dessiné par Pierre Gandon, avec Marianne. J’en ai plus ou moins 200 exemplaires. C’est le même timbre dans toutes ses couleurs, toutes ses valeurs faciales, toutes ses variantes.

C’est l’idée de la déclinaison qui est partout et qui te suit depuis départ. Déclinaison d’un criterium par la matière, par l’embout, par la mine, par la longueur, par le numéro du modèle… Ou comment intégrer dès l’origine d’un projet, la déclinaison d’un produit.




Logotype et système graphique pour les éditions Verticales, 1996

Les g multiples de l’alphabet Lenzbourg
Ça commence effectivement avec la déclinaison. C’est ce que l’on a fait pour Canal+, il y a 12 millions de combinaisons possibles. La déclinaison était au centre de tout, il s’agissait de décliner. Je ne peux pas m’empêcher de faire en sorte qu’un système puisse se répéter. C’était lié à mon boulot d’éditeur qui fait des collections de livres, de graphiste, mais aussi à ma connaissance des techniques de fabrication. Ce qui coûte cher dans l’impression, c’est la mise en chaîne. La collection « Nouvelle » chez Futuropolis se présentait toujours par coffret de 4 livres avec le même nombre de pages, 48 pages (3 x 16). En fonction de la longueur de la nouvelle, le corps du texte est ajusté avec des illustrations qui permettent de caler l’encombrement. 4 livres et je ne paye qu’une seule mise en chaîne.

Collection « Nouvelle », Futuropolis

Comix 2000, L’Association, 1999
Le meilleur exemple est peut-être ce très gros livre que j’ai fait avec l’Association, le Comix 2000. Une impression faite « au cul » du Robert dictionnaire. Avec Jean-Christophe Menu, nous avions imaginé ce pavé : pas de bulles et que des images en noir et blanc. Et donc le même nombre de pages que le Robert. 2 160 pages imprimées sur le même papier, même cartonnage, même contexture (45 cahiers de 3 x 16 pages). L’Association en a vendu 10 000 exemplaires à un prix très abordable. Mais ce n’est pas réimprimable sauf à attendre l’année d’après que le Robert soit imprimé.
Est-ce que cela veut dire que le processus de fabrication fait partie du processus de création ? Quel que soit l’objet ou le support, ce paramètre entre en jeu ?
Bien évidement, la fabrication, l’aspect technique, c’est réellement mon truc. Je ne suis pas lecteur de bande dessinée comme je ne regarde pas la télévision. C’est d’ailleurs pour ça que Canal+ était venu me chercher.
Je reviens à la conférence du Centre Pompidou et l’histoire du papier peint et des tracés régulateurs. Tu expliquais comment tu retrouvais la composition d’origine d’un papier peint à motifs !
Tout cela est lié aux maisons de vacances où tu découvres, dans une chambre mansardée, le papier peint à motifs qui va t’obséder des nuits entières. Quand tu es visuel comme moi, tu cherches à savoir comment tout cela a été construit. C’est un exercice qui me permet de retracer tous les intervalles, remonter au cylindre qui imprime le lé de papier peint. J’ai une maison à la campagne où j’ai des tomettes de Briare hexagonales. Et c’est pareil, chaque fois que je vais aux toilettes, je prends le temps d’imaginer des lettres et ça fait 40 ans que je vais dans cette maison et que je dessine des lettres dans les tomettes, que je me laisse piéger.

Le papier peint, les carreaux, est-ce que ce sont des supports pour faire travailler l’œil, le regard ?
Oui, c’est une gymnastique visuelle. Je ne cours pas, je ne me lève pas aux aurores pour aller nager, je fais méthodiquement travailler mon regard en étant quasi aveugle d’un œil depuis quelques années.
Devant cette accumulation pléthorique, je me disais que cela ressemblait à un cabinet de curiosités. On y trouve aussi bien des rasoirs que des passoires, des livres que des équerres, des écumoires que des cutters.
Ce n’est pas fait dans l’esprit d’un cabinet de curiosité, ce ne sont pas des objets de grande valeur. Le criterium, je l’achète 3€. Le bordel apparent qu’il peut y avoir chez André Breton n’est qu’apparent. On peut retrouver du lien entre les choses, rien n’est improvisé. Chaque nouvel objet qui arrive l’est pour une bonne raison… Alors que chez moi, il y a une part de gratuité dans le fonctionnement. Derrière tout cela, il y a de la curiosité et du lien avec tous mes outils de travail : crayons, gommes, règles, équerres… J’ai autant d’intérêt pour le schéma des trous des passoires ou des égouttoirs à fromage blanc, une approche française faite à l’œil, que pour la production d’un designer allemand comme Dieter Rams chez Braun qui abordera cela avec méthode. Ce qui m’a conduit à récupérer des tambours de machine à laver pour les perforations, pour les différents réseaux de perforation.
Alors bien sûr que le téléphone portable a changé bien des choses. J’ai une centaine d’écumoires mais arrive le moment où tu ne sais plus où les entreposer. Avec le portable tu prends une photo à contrejour pour les trous et tu n’encombres plus ton espace de vie.

Autre exemple, le Club Français du Livre, j’ai toute la collection complète. Je suis juste à côté du square Georges Brassens et son marché aux livres que je fréquente depuis longtemps. Tout le monde sait très bien ce que j’achète et nombreux sont les bouquinistes qui me mettent de côté quantité de bouquins. Et toujours cette histoire de trouver un livre en meilleur état qui va remplacer le premier acheté. Le Club, c’était sur abonnement, les gens ne lisaient pas les livres, car ce n’était souvent que pour remplir des bibliothèques. Donc on trouve encore aujourd’hui des livres en parfait état. Ce ne sont pas des raretés, tu les trouves facilement à prix raisonnables, ce qui fait que tu es vite comblé. D’autant plus si tu es organisé avec un bon réseau de libraires parisiens qui te fournissent régulièrement. En 10 ans à peine, tu reconstitues toute la collection. Et comme souvent, il t’en manque un et tu ne comprends pas pourquoi. « Pourquoi je n’ai jamais trouvé ce numéro alors que j’en ai trouvé des centaines de tel autre ? Pourquoi je vais être obligé de l’acheter chez un libraire à un prix exorbitant ? ». Et ce n’est bien évidemment pas pour les lire. Tout ce que tu vois là, les centaines de livres, les milliers de livres, je ne les lis pas, cela n’a rien à voir.
Et plus tu achètes, plus tu commences à bien, à très bien connaître le sujet. Je suis devenu spécialiste du Club, j’ai fait des articles, des conférences sur les clubs de livres. J’ai rencontré Faucheux et Massin.
Faucheux le théoricien qui se fait bousculer par Massin, l’autodidacte qui fait des choses qui ne se font pas. Les couvertures enveloppantes, c’est Massin qui fait les premières, comme la couverture « Parole » de Prévert.
C’est la même histoire qu’à Canal+ où je réalisais le magazine. Nous faisions une réunion marketing de Une pour valider l’accroche. Mais l’accroche de quoi ? Puisque le magazine était envoyé par la Poste. On me disait « Il faut mettre DiCaprio parce que ce mois-ci Canal+ passe un film avec DiCaprio ». Et je leur répondais « Mais ça, c’est un argument pour le kiosque, pour les gens qui achètent un magazine en voyant la Une. Mais là, ils le reçoivent dans leur boîte aux lettres ». Ma préoccupation, c’était que le magazine traînant sur la table du salon se démarque et ne ressemble pas à tout ce que l’on voit généralement.

Acheter un criterium, alors que tu en as déjà rempli de pleins tiroirs, c’est aussi l’idée du petit plaisir accessible. Quand je te vois, comme tout à l’heure, quand tu reçois un paquet. Tu l’ouvres et tu découvres un criterium… Ce petit plaisir, il est très manifeste. Derrière la collection, à chaque trouvaille, c’est un peu comme si c’était des petites joies à répétition, tes mille criteriums c’est un feu d’artifice à domicile.
C’est simple, je reçois ces porte-mines et je suis content, je me dis que je vais passer une bonne journée. Et c’est là où je parle de pathologie, car ça ne s’arrête pas. Il y a une forme d’addiction qu’on le veuille ou non. Cela prend beaucoup de place dans mon quotidien puisque cette curiosité se pose sur tout un tas de choses. Il faut l’avouer, c’est difficile à vivre pour mon entourage.
Et puis, quand j’ai fini une série, ça ne m’intéresse plus, j’en ai fait le tour. Il y a l’état de l’objet qui me tient encore un moment. Mais ce n’est plus d’actualité parce que je suis déjà passé à autre chose. Cela ne m’amuse plus au niveau de la recherche. Mon œil s’est porté ailleurs.

Cette conférence, c’était il y a 10 ans. Est-ce que, depuis, la collection a vécu sa vie ou bien de nouveaux centres d’intérêt sont apparus ?
Comme je te le disais c’est un peu sans fin et une série terminée débouche sur un nouvel ensemble. C’est le spectateur témoin qui juge que c’est une collection. Moi, je ne dis pas que je fais une collection de portemines. Je ramasse des portemines, comme je ramasse des cutters, des taille-crayons, des équerres et des compas. Des lampes, des lettres pochoir, des traceurs, des perroquets, des emporte-pièces, des folioteuses, des numéroteuses, des tampons dateurs, des trouilloteuses mais aussi des nuanciers, des échantillons de couleurs, des gélatines pour le cinéma, des chartes couleur, des ciseaux crantés, des rasoirs, des catalogues de peintres en lettres, des catalogues d’alphabets. Et des outils dont je ne sais pas à quoi cela peut servir. Et j’aime aussi la boîte, le contenant… qui donne des réponses à l’utilisation de l’outil.
Tu ramasses des objets qui ont un très beau design, qui sont faits de belles matières avec un usinage très soigné. On retrouve une précision dans la numérotation, la déclinaison. Derrière un outil comme un criterium, il y a toute une chaîne de production qui a nécessité beaucoup d’attention.
Ce sont souvent des outils avec lesquels je travaille. Regarde cet ensemble, ce sont des porte-mines suisses avec une mine plate pour tracer des filets très fins. Les boîtes sont intactes. Et le nom de la marque change : MIRA et MIFA. Ils ont dû avoir un problème de dépôt de marque. Tout ça raconte quantité d’histoires.

Est-ce qu’il y a de la nostalgie derrière tous ces objets. La nostalgie d’un temps où il y avait une diversité et une attention que l’on ne retrouve plus aujourd’hui. À travers tout cela, tu parles d’une époque où il fallait une grande quantité d’outils différents pour travailler les arts graphiques. Où il fallait quantité de connaissances techniques pour utiliser ces outils. Aujourd’hui tout est regroupé dans un seul outil standardisé, l’ordinateur. L’outil s’est retrouvé banalisé, commun pour tout le monde.
Il y a toujours une part de nostalgie. C’était des outils d’ingénieurs, de dessinateurs industriels, des outils très précis. C’est aussi le plaisir intact de retrouver des outils qui n’ont jamais servi. Regarde, cette machine Dymo pour faire des étiquettes. Quand tu vois ça, sur le trottoir… Waouh. Tu entends le bruit quand tu actionnes la poignée pour emboutir une lettre ?

Regarde ces crayons de couleur Stabilo qui datent de l’après-guerre. J’ai trouvé plein de boîtes où il n’y a pas le jaune ou le blanc, ou alors le crayon jaune est tout petit. Et puis un jour tu tombes sur une boîte où il n’y a que des jaunes… Et tu ne comprends pas pourquoi. À l’époque de Canal+, il y avait un Canal+ en Allemagne et j’y suis allé faire des brocantes, des marchés aux puces… où j’ai trouvé des boîtes de crayons sans jaune. Par curiosité, j’ai eu l’occasion de visiter l’ancienne usine Stabilo en Allemagne de l’Est. J’ai posé la question du jaune. Et j’ai eu la réponse… Les mamans-secrétaires utilisaient le jaune de la boîte de crayons de couleurs de leur enfant pour surligner le texte du courrier comme on le fait avec les Stabilo fluo d’aujourd’hui. Avec le blanc, elles gommaient la mauvaise frappe de la machine à écrire. Pendant 10 ans, 15 ans, j’ai ramassé des boîtes de crayons de couleur sans voir le nom de la marque STABILO et faire le lien.

Au final, tout ça a commencé très tôt ?
Après les Beaux-Arts en 1967 à Rouen, je suis allé en Suisse, à l’École des arts et métiers de Vevey chercher un peu de rigueur. Dans la classe de 1re année, il n’y avait que des étrangers (italiens, espagnols, allemands) mais pas d’étudiants suisses. L’on m’avait dit qu’il fallait une blouse pour la rentrée de septembre et j’avais trouvé en chinant une superbe blouse de chirurgien de l’armée suisse, qui se nouait derrière, avec une énorme croix rouge. Le premier cours commençait très tôt, à 7h30. Je venais juste d’arriver quand le professeur me demanda « C’est vous le français ? » . « Oui monsieur, c’est moi, mais comment savez-vous que je suis français ? ». Et il m’a dit « Vous voyez cet esprit-là, la blouse, c’est typiquement français… Ici en Suisse, on n’est pas comme ça. Allez au magasin Migros chercher une blouse identique à celle de vos camarades. Et vous y allez tout de suite ! Et quand vous reviendrez, vous vous laverez les mains parce que vous avez les ongles sales. »
Le premier cours, ce fut le crayon, le deuxième cours le compas, le tire-ligne. Et c’était un cauchemar. À la fin de la semaine, je me suis rendu compte que je ne savais pas tailler un crayon, que je ne savais pas me servir d’un compas ou d’un tire-ligne. J’ai beaucoup appris…
Crayons, compas, tire lignes, règles… Tous ces objets-là, ce sont les objets que tu collectionnes depuis plus de 50 ans. Quand je te demandais « Ça commence comment cette histoire de collection ? », j’ai l’impression que ça commence comme ça !!!
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