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IA générative : trois mois après sa formation, Maximilien Gorelkine raconte ce qui a changé

Par Loïc Marteau, publié le 7 septembre 2026

Graphiste freelance multimédia depuis près de vingt ans, Maximilien Gorelkine a vu son métier évoluer au rythme de Flash, du web, du responsive, du motion design et des nouveaux outils de création. En mars dernier, il a suivi chez Swash les cinq jours de la formation « Réinventer son processus créatif avec l’IA générative ». Il utilisait déjà ChatGPT, Claude ou les fonctions génératives de Photoshop, mais encore de manière assez ponctuelle.

 

Trois mois plus tard, nous avons voulu savoir ce qu’il en restait vraiment. Quels outils utilise-t-il ? Qu’est-ce qui a changé dans sa manière de travailler ? L’IA lui fait-elle réellement gagner du temps ? Lui permet-elle de produire autrement, voire d’accepter des missions qu’il aurait autrefois refusées ?

Son retour est moins celui d’une conversion spectaculaire que celui d’un changement de méthode. De la recherche graphique au développement web, jusqu’à l’automatisation, L’IA  s’est progressivement installée dans son quotidien. Et surtout, selon ses mots, elle est passée d’un usage parfois « anecdotique et un peu hasardeux » à quelque chose de beaucoup plus « organisé, contrôlé et répétable ».

 

Loïc : Avant de parler d’IA, peux-tu nous raconter ton parcours et ce que tu fais aujourd’hui ?
 

Maximilien : Je suis graphiste, avec une spécialisation assez forte dans le multimédia. J’ai suivi une formation de graphiste assez classique : d’abord à l’ESAD d’Amiens puis j’ai passé une année en Angleterre dans le cadre d’Erasmus et fait un post-diplôme à l’EPSAA, à Ivry-sur-Seine.

Assez tôt, je me suis intéressé aux nouvelles technologies. À l’époque, il y avait Flash, qui représentait pour moi une sorte d’eldorado de l’interactivité. C’est comme ça que j’ai commencé à coder, puis à m’intéresser de plus en plus au web et à ses différentes technologies.

Je suis ensuite parti un an à Montréal avec l’idée, au départ, de travailler dans le jeu vidéo, notamment chez Ubisoft. Ça ne s’est pas fait et j’ai commencé à travailler en freelance. La liberté que ça m’a apportée m’a tellement plu que je ne suis jamais vraiment revenu en arrière. Cela fait maintenant presque vingt ans.

Aujourd’hui, mon activité est très orientée web. Je peux prendre en charge la partie graphique mais aussi le développement front et back. Je fais également du motion design, notamment avec After Effects, et du motion appliqué au web, avec des animations plus légères et interactives.

À côté de ça, je continue à faire du design graphique plus traditionnel : identités, logos, chartes, brochures… J’ai toujours eu plusieurs cordes à mon arc et cela m’a permis de m’adapter aux évolutions du métier.

 

Justement, tu as connu Flash, l’arrivée du HTML5, les smartphones, le responsive… Tu as toujours dû te former en permanence ?

Oui, complètement. Mon métier a beaucoup changé et il y a toujours eu cette nécessité d’auto-formation. Ce qui tombe plutôt bien parce que je suis curieux et que j’aime essayer de comprendre les nouvelles technologies.

Mais c’est aussi une course permanente. Quand on est freelance, il faut à la fois produire, gérer ses clients, suivre les projets et trouver du temps pour regarder ce qui arrive. On sait qu’il faudrait tester certaines choses mais on ne prend pas forcément le temps de le faire correctement. C’est un peu ce qui s’est passé avec l’IA.

 

Avant la formation de mars, quelle place l’IA avait-elle justement dans ton travail ?

J’utilisais déjà quelques outils, mais de manière assez dispersée. Principalement ChatGPT, parfois Claude pour des sujets plus techniques. J’avais aussi utilisé Midjourney, mais davantage pour m’amuser que réellement dans un contexte professionnel.

Pour l’image, je travaillais également avec les fonctions génératives intégrées à Photoshop, notamment dans les versions bêta. Ça fonctionnait, mais obtenir précisément ce que je voulais pouvait être compliqué. Il m’arrivait de passer beaucoup de temps à essayer de produire quelque chose qui, au final, ne correspondait pas vraiment à mon intention.

En revanche, tout ce qui est automatisation ou usages plus structurés de l’IA ne faisait absolument pas partie de mon quotidien. J’avais donc déjà mis les mains dedans, mais c’était encore assez empirique.

 
 
Est-ce que la formation a remis en question certaines habitudes que tu avais prises ?

Oui, notamment dans la manière de parler aux IA. On a tous tendance, au début, à écrire des demandes assez simples et à engager ensuite une sorte de conversation en essayant de corriger progressivement le résultat : « fais-moi ça », puis « change ça », puis « finalement, reprends plutôt ceci »…

Je savais déjà, intellectuellement, que la préparation du prompt était importante. Je l’avais lu. Mais je ne le faisais pas réellement.

La formation m’a fait prendre conscience du temps que l’on peut gagner en préparant beaucoup mieux sa demande avant de lancer quoi que ce soit. Il faut presque établir un plan de bataille : qu’est-ce que je veux obtenir ? Quelles informations dois-je fournir ? Comment dois-je les organiser ?

Quand le prompt est correctement construit, on obtient parfois très rapidement quelque chose de beaucoup plus pertinent. Et surtout, on évite de partir dans une conversation interminable avec l’IA en espérant qu’à un moment elle finira par comprendre ce que l’on avait en tête.

 

C’est paradoxal : pour gagner du temps avec l’IA, il faut commencer par accepter d’en consacrer davantage à la préparation…

Exactement. Et c’est typiquement le genre de chose que tu ne fais pas forcément quand tu es seul chez toi avec un projet à rendre. Tu as besoin d’obtenir quelque chose, donc tu te jettes directement dans l’outil. Tu testes, tu corriges, tu recommences. Tu espères que ça va finir par marcher.

Pendant une formation, tu peux justement prendre ce temps que tu ne prends jamais. Tu peux tester une méthode sur des cas concrets, comparer les résultats et constater par toi-même que le travail fait en amont change énormément la suite.

Maintenant, j’essaie beaucoup plus de défricher mon besoin avant de commencer. Je réfléchis à ce que je veux obtenir et à la manière de le formuler. Ça peut sembler être une étape supplémentaire, mais au final elle fait gagner énormément de temps.

 
Y a-t-il eu pendant ces cinq jours un moment où tu t’es dit : « OK, là je viens de comprendre quelque chose » ?

Je ne dirais pas que j’ai été soudainement touché par la grâce de l’IA ! Mais il y a eu un vrai déclic autour de la structuration des demandes, notamment avec le JSON et l’analyse d’images. J’ai eu l’impression de commencer à voir la matrice, en quelque sorte. Avant, on parle aux IA un peu comme des néophytes. Là, tu commences à comprendre comment extraire ce que j’appellerais « l’huile essentielle » d’un visuel.

Et cela va bien au-delà de l’image. Ça peut être un style, un personnage, un sujet, un ton de voix, une manière de composer. Tu peux analyser ces éléments, les structurer, puis les réutiliser.

C’est très important parce que cela permet d’obtenir des résultats beaucoup plus cohérents et surtout beaucoup plus répétables. Avant, il pouvait m’arriver d’obtenir par hasard une image ou un effet vraiment intéressant, mais reproduire ensuite ce résultat était extrêmement compliqué. À partir du moment où tu es capable d’en extraire les caractéristiques et de les formaliser, tu peux beaucoup mieux les transposer à une autre image ou construire une série cohérente.

C’est à ce moment-là que je me suis dit que je pouvais commencer à utiliser l’IA à sa juste valeur, et plus seulement de façon anecdotique.

 

Visuel d'un projet réalisé par Maximilien Gorelkine

Un tirage personnalisé. Huit itérations pour faire entrer une famille dans l’illustration : ce qui est devenu répétable, ce n’est pas l’image, c’est le style

 

Dans ton processus créatif aujourd’hui, où intervient-elle concrètement ? Recherche, moodboard, rough, image finale, retouche ?

Un peu partout. Même avant la formation, je trouvais déjà intéressant de pouvoir explorer davantage de pistes graphiques. Prenons un logo : tu peux avoir cinq ou six idées mais, traditionnellement, tu n’as pas forcément le temps d’en développer plus de trois correctement. Les autres restent dans un coin de ta tête parce que les tester prendrait trop de temps par rapport au budget du projet.

Avec l’IA, tu peux très rapidement visualiser certaines hypothèses. En dix minutes, tu peux voir qu’une piste qui te semblait intéressante ne fonctionne finalement pas du tout, et qu’une autre mérite au contraire d’être creusée. Cela permet d’explorer davantage dans le même temps.

Et je trouve que cela peut améliorer la pertinence des propositions faites au client. Non pas parce que l’IA a choisi à ta place, mais parce que toi, en tant que graphiste, tu as pu regarder beaucoup plus d’alternatives avant de faire ton choix. Tu es plus sûr de ta proposition parce que ton exploration a été plus large. La différence aujourd’hui, c’est qu’en plus je sais que je peux aller beaucoup plus loin dans le niveau de finition.

Avant, l’IA me servait essentiellement au croquis ou à l’exploration. Maintenant, je peux parfois arriver à quelque chose de quasiment exploitable en production. Si je devais donner une image un peu arbitraire, je dirais qu’on passait auparavant de 0 à 70 ou 75 % avec l’IA. Aujourd’hui, on peut parfois arriver à 85 %. Et réduire ce fameux « dernier kilomètre », ça change beaucoup de choses.

 

Visuel de Maximilien Gorelkine (non retenu) pour les 50 ans d'Île-de-France Nature

Une piste finalement écartée pour les 50 ans d’Île-de-France Nature. Mais sans l’IA elle serait restée une idée non concrétisée visuellement…

 

Tu utilises quoi aujourd’hui, trois mois après la formation ?

J’ai surtout retenu quelques outils. Je n’essaie pas de courir après tous les nouveaux modèles qui sortent. J’utilise beaucoup l’écosystème Gemini, notamment pour l’image, et Flow pour faire rapidement beaucoup d’essais. Je me sers peu de la génération vidéo pour l’instant, simplement parce que je n’ai pas beaucoup de projets qui le nécessitent.

J’utilise aussi Magnific, notamment ses « Spaces ». J’aime beaucoup cette approche visuelle où l’on peut construire une sorte de diagramme avec différents modules reliés entre eux. Pour un client, par exemple, j’avais besoin de produire une série de visuels correspondant à différents pays tout en conservant une même direction graphique. Une fois la logique mise en place, je pouvais générer les différentes images en maintenant cette cohérence.

Et ensuite, on peut prolonger le workflow avec d’autres modules, éventuellement vers de la vidéo ou des formats destinés aux réseaux sociaux. Je n’en exploite probablement encore qu’une petite partie, mais je trouve le potentiel très important.

Pour le développement, j’utilise énormément Claude. Là, on bascule dans des usages beaucoup plus techniques.

 

Exemple de Space Magnific

Un Space Magnific, où chaque bloc est une étape et les liaisons décrivent l’enchaînement

 

Justement, tu me disais avant l’interview que l’IA t’avait amené vers des projets que tu n’aurais probablement jamais acceptés auparavant…

Oui, et c’est peut-être l’un des changements les plus intéressants. Je fais du développement web depuis longtemps, donc je comprends le code et je peux intervenir techniquement. Mais je ne suis pas un développeur pur.

Avant l’IA, j’étais capable de récupérer des morceaux de code, de les comprendre et de les adapter. En revanche, certains projets trop techniques me semblaient tellement chronophages que je préférais simplement les refuser.

Aujourd’hui, je me permets d’aller plus loin. Par exemple, j’ai commencé à brancher Claude sur WordPress avec des API ou des MCP. Sur un projet où je dois créer une trentaine de fiches, je peux passer beaucoup de temps au départ à définir les règles : la structure, les champs, ce qu’il a le droit de faire ou non, la manière dont le contenu doit être construit…

Cette préparation peut prendre dix heures. Mais ensuite, produire toutes les fiches devient extrêmement rapide. Là ou avant j’aurais pu passer une heure par fiche, donc une trentaine d’heures, je vais maintenant investir dix heures dans la mise au point et deux heures dans la production. Et surtout, cette logique continue d’être utile pour toutes les futures fiches.

Dès qu’il y a de la récurrence, ça devient vraiment intéressant.

 

Donc l’IA ne te fait pas simplement « travailler plus vite ». Elle modifie la manière dont tu construis le travail ?

Oui, exactement. J’ai même changé ma façon d’aborder certains sites web. Avant, je partais systématiquement de WordPress et je construisais le site à l’intérieur. Aujourd’hui, il m’arrive de commencer localement, sans base de données : je mets en place la charte graphique, les pages, les composants dont j’ai réellement besoin.

Ensuite seulement, selon le besoin du client, je transpose cela vers WordPress. Cela permet parfois d’avoir quelque chose de beaucoup plus léger, sans embarquer des tas de fonctions inutiles simplement parce qu’elles faisaient partie d’un thème ou d’un système préexistant.

L’IA m’aide à aller vers cette logique, mais elle repose évidemment sur mon expérience du web. Il faut être capable de comprendre ce qui est produit et de repérer quand quelque chose ne va pas.

 

Tu as aussi accepté une mission d’automatisation qui sortait assez franchement de ton activité traditionnelle de graphiste…

Oui. C’était pour un client qui voulait développer sa prospection sur les réseaux sociaux et mettre en place une logique assez proche d’un CRM : récupérer les personnes qui répondent à des campagnes ou à des formulaires, qualifier les contacts, identifier les leads plus ou moins chauds et déclencher ensuite des scénarios d’e-mails différents.

Il fallait faire communiquer plusieurs outils, avec notamment systeme.io et Make. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant. Et, sans l’IA, je pense très clairement que je n’aurais pas accepté la mission. Avec elle, j’ai pu me plonger dans les différents outils, lire leur documentation, comprendre comment ils fonctionnaient et construire les modules nécessaires.

Ce qui est intéressant, c’est cette accélération de l’apprentissage. La première fois que tu fais quelque chose, tu peux parfois avancer presque comme quelqu’un qui l’aurait déjà fait plusieurs fois, à condition évidemment de rester capable de contrôler ce que l’IA te propose. Elle ne sait pas tout et elle peut dire des bêtises avec beaucoup d’assurance. Il faut donc lui donner des règles, lui fournir de la documentation et vérifier.

Mais j’ai maintenant davantage confiance dans ma capacité à sortir de ma zone de confort. Je peux regarder un projet que je ne maîtrise pas entièrement et me dire : « Je ne sais pas encore le faire, mais je pense que je vais pouvoir apprendre suffisamment pour mener la mission correctement. » Ça, c’est nouveau.

 

Ce rapport à l’outil reste donc très éloigné du fameux bouton magique…

Totalement. Plus j’avance, plus je vois qu’il faut justement construire son outil.

Avec Claude, par exemple, j’ai assez vite rencontré la question de la gestion du contexte. Au bout d’un moment, l’IA oublie certaines choses ou tu dois reprendre dans une nouvelle conversation. J’ai donc cherché des solutions, installé des skills et mis en place une sorte de mémoire locale qui conserve les informations importantes sur mes projets. Quand je recommence une session, l’IA peut récupérer ce contexte plutôt que de repartir de zéro.

Petit à petit, tu crées tes règles. Tu lui précises ce qu’elle doit vérifier, ce qu’elle ne doit jamais faire sans validation, où aller chercher l’information… C’est presque comme si tu forgeais progressivement ton propre outil. Au début, il est assez rudimentaire. Puis tu l’améliores à mesure que tu identifies ses défauts et tes propres besoins.

 

Tu parles ouvertement de ton utilisation de l’IA à tes clients ?

Ça dépend des clients et des projets, mais globalement oui. Pour moi, ça fait désormais partie de mes outils. Ne pas les utiliser aujourd’hui reviendrait un peu à décider volontairement de prendre du retard. Mais je ne parle pas d’IA juste pour pouvoir dire que je fais de l’IA. Si le client n’a aucune raison de connaître le détail du workflow, je ne vais pas lui faire une démonstration technique.

Là où il faut parfois faire de la pédagogie, c’est sur la question du prix. Certains peuvent se dire : « Puisque vous utilisez l’IA et que cela va plus vite, votre travail devrait coûter moins cher. » mais, pour moi, ce n’est pas le sujet.

L’intérêt est plutôt que, dans le temps que le client a payé, je vais pouvoir explorer plus de directions, tester davantage de solutions et probablement pousser le résultat plus loin. Je peux aussi parfois proposer davantage de variantes ou absorber plus facilement certaines modifications.

Ce que j’essaie d’expliquer, c’est : vous pouvez avoir davantage pour le même budget, plutôt que simplement la même chose pour moins cher. Je sais que la phrase est bateau mais le processus créatif ne disparaît pas : il reste la recherche, les choix, la direction, l’évaluation du résultat. L’IA peut accélérer certaines tâches, mais elle ne supprime pas tout ce qui fait le travail du graphiste.

 

Visuel d'un ordinateur sur une table avec la home page du site de Maximilien Gorelkine

gorelkine.com, refondu en 2026 : un chantier longtemps repoussé, que le temps dégagé par l’IA a fini par rendre possible

 
 
Et justement, après presque vingt ans de métier, est-ce que cette expérience joue dans ta capacité à bien utiliser l’IA ?

Je pense que oui, énormément. C’est quelque chose dont nous avions parlé pendant la formation : pour des profils seniors, ces outils peuvent être assez extraordinaires. Tu as accumulé énormément de connaissances et d’expérience, et tout à coup tu disposes de petits agents qui peuvent t’aider à concrétiser plus rapidement ta vision.

Mais ta vision existe déjà : tu sais regarder une image, juger si une composition fonctionne, repérer une incohérence, évaluer un résultat technique. Tu sais également quand il ne faut surtout pas faire confiance à ce que l’outil vient de produire.

Pour les plus jeunes, je trouve la question plus complexe. Comment arrive-t-on à ce niveau d’expertise si certaines étapes du métier sont désormais prises en charge par l’IA ? Je n’ai évidemment pas la réponse, mais c’est un vrai sujet.

 

Qu’est-ce qui reste frustrant aujourd’hui ?

La question du coût peut devenir importante quand tu utilises intensivement certains outils. Sur Claude, par exemple, j’ai très vite atteint les limites des abonnements les moins chers. J’ai donc parfois pris une formule beaucoup plus élevée lorsque je savais que j’avais un gros projet à produire.

Dit comme ça, 100 ou 200 euros pour un mois peut sembler cher. Mais si un projet te permet de récupérer cet investissement en une journée et de gagner ensuite vingt heures, le calcul devient assez simple. Je raisonne donc davantage en termes d’investissement. Je peux prendre un abonnement pendant un mois parce que j’en ai besoin, puis le réduire ou l’arrêter ensuite.

Sur d’autres outils, je me sens au contraire très peu limité, notamment pour la génération d’images.

Et surtout, je ne cherche plus à tout tester. Il sort constamment de nouveaux modèles mais, quand tu as trouvé un ensemble d’outils qui répond à tes besoins et que tu sais les utiliser, il faut aussi savoir travailler. Mon métier n’est pas de tester des outils d’IA toute la journée.

 

Avec trois mois de recul, qu’est-ce que tu retiens finalement de la formation ?

D’abord, j’ai passé un très bon moment. Humainement, la façon dont la formation était organisée et sa durée m’ont vraiment convenu.

Cinq jours, c’est suffisamment long pour aller au-delà de la simple démonstration, mais je n’ai pas non plus eu l’impression que c’était trop long. J’en suis sorti avec beaucoup de pistes et d’ouvertures. Et surtout avec l’idée très claire que la formation n’était qu’un point de départ.

Je n’utilise évidemment pas tous les outils que nous avons vus. Il y en a auxquels je n’ai pratiquement pas retouché depuis, tout simplement parce qu’ils ne correspondent pas aujourd’hui à mes besoins. Je n’ai ni le temps ni l’intérêt d’utiliser absolument tout.

En revanche, ces cinq jours m’ont permis de faire un véritable état des lieux. J’avais accumulé des informations, testé quelques outils, lu beaucoup de choses. La formation m’a permis de mettre tout cela à plat, d’aller réellement en profondeur sur certains sujets et surtout d’expérimenter des choses que je n’aurais probablement jamais pris le temps de tester seul.

Je dirais que c’est devenu le point de départ d’une nouvelle façon de travailler, mais dans la continuité de ce que je faisais déjà. Ce n’est pas une révolution qui efface tout ce qui existait auparavant. C’est plutôt quelque chose qui vient ajouter des possibilités. Surtout, j’ai gagné en confiance dans ma capacité à utiliser ces outils de façon organisée et utile, plutôt que de manière anecdotique ou un peu hasardeuse.

 

Tu penses que tu serais arrivé au même endroit sans ces cinq jours ?

Peut-être, petit à petit. Mais probablement beaucoup plus lentement et de façon plus anarchique, par la force des choses. Je pense que j’avais besoin de ce moment pour faire un état des lieux et repartir sur de bonnes bases.

C’est aussi l’intérêt d’avoir un formateur qui pratique réellement ces outils, qui a déjà fait beaucoup de tests et qui a lui-même rencontré certains problèmes. Cela évite de refaire seul toutes les erreurs. Il te fait gagner du temps.

 

Odrinateur sur une table avec la home page du site Regards d'Antan

Regards d’Antan, collection d’affiches rétro dont Maximilien Gorelkine signe les illustrations, le site et la boutique

 

Dernière question : qu’est-ce que tu dirais à un graphiste qui hésite à consacrer cinq jours à une formation sur l’IA générative ?

Je lui demanderais déjà pourquoi il hésite. Si c’est uniquement une question de temps, je pense sincèrement que ce temps sera récupéré ensuite. Les gains possibles dans le travail sont tels que les cinq jours investis peuvent être rapidement regagnés.

À l’échelle d’une vie de graphiste, cinq jours, ce n’est pas grand-chose. Pour moi, c’est surtout une très bonne manière de redéfinir un point de départ. Ces outils, nous allons de toute façon être amenés à les utiliser. Autant commencer avec des bases saines, prendre le temps de répondre aux questions que l’on se pose tous et comprendre comment les intégrer réellement à son travail.

Après, chacun en fera évidemment quelque chose de différent. Et c’est probablement ça le plus important.

 

PS : Cet entretien a été réalisé en juin 2026. Depuis, le paysage a déjà quelque peu évolué : la montée en puissance des agents modifie les workflows, tandis que ChatGPT Images a pris une place croissante aux côtés de l’écosystème Gemini et de Nano Banana dans la création visuelle. Un bon rappel, s’il en fallait un, de la vitesse à laquelle le sujet avance.

 

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Directeur artistique web, graphiste et développeur freelance, Maximilien Gorelkine évolue depuis près de vingt ans à la croisée du design graphique, du web, de l’animation 2D et des technologies digitales. Formé à l’ESAD d’Amiens, en Angleterre puis à l’EPSAA, il accompagne aujourd’hui entreprises, agences et acteurs culturels sur des projets numériques variés.

Pour en savoir plus sur son travail, rendez-vous sur son site
Portrait Maximilien Gorelkine, photo de Natalia Gorelkine

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