Formation Design fiction et narration critique


Explorer des futurs possibles par la fiction pour questionner les transformations du présent et mettre en débat les choix du design
1 jour / 7 heures
Prix : 750 € HT
Réf. : G17

Compétences visées

Distinguer les principales approches du design critique, spéculatif et prospectif et mobiliser les principes du design fiction pour transformer une tension contemporaine en hypothèse de futur.
Construire un scénario situé et produire un artefact narratif permettant de rendre ce futur tangible, d’en débattre collectivement et d’identifier ce qu’il révèle de nos choix actuels.

Objectifs

  • Identifier et contextualiser le design fiction dans l’histoire du design critique et prospectif
  • Définir et mobiliser les outils conceptuels de l’anticipation critique
  • Analyser le design fiction comme pratique narrative : objets, récits et artefacts
  • Concevoir et produire un scénario de design fiction sur le futur du graphisme sous contrainte
  • Évaluer et mettre en perspective la responsabilité du designer dans les futurs projetés

Public concerné

Cette formation s’adresse aux professionnels qui souhaitent utiliser la fiction comme outil de réflexion, de prospective et de mise en débat : 

  • Designers graphiques et directeurs artistiques
  • UX/UI et Product Designers
  • Professionnels de la communication et des contenus
  • Chefs de projet innovation, prospective ou transformation
  • Enseignants et professionnels de la pédagogie du design
  • Chargés de mission confrontés à des transformations sociales, environnementales ou technologiques
  • Créatifs souhaitant élargir leur pratique au design critique et spéculatif

La formation est particulièrement pertinente pour les professionnels qui travaillent sur des sujets complexes ou incertains et souhaitent sortir des méthodes de prospective uniquement fondées sur la projection de tendances.

Elle constitue également un prolongement naturel de la formation « Le design responsable » : l’une examine les conséquences de nos choix actuels, l’autre utilise la fiction pour pousser ces tensions plus loin et les rendre discutables.

Prérequis

Disposer d’un intérêt pour les évolutions sociales, culturelles, environnementales et technologiques contemporaines.

Être disposé à analyser des références, formuler des hypothèses et travailler collectivement à partir de situations fictives.

Une expérience professionnelle dans le design, la communication, l’innovation, la prospective ou la transmission facilite la mise en perspective mais aucune pratique préalable du design fiction n’est requise.

Aucune compétence particulière en écriture fictionnelle n’est nécessaire : la narration est utilisée comme outil de conception et de réflexion, non comme exercice littéraire.

Aucune compétence technique ou logicielle spécifique n’est nécessaire.

Programme

Identifier et contextualiser le design fiction dans l’histoire du design critique et prospectif

  • Situer l’émergence du design fiction dans l’histoire du design radical, critique et spéculatif
  • Identifier les filiations entre radical design italien (Superstudio, Archizoom), science-fiction critique et pratiques contemporaines
  • Comprendre le rôle de la fiction, de l’utopie négative et de la spéculation comme outils de pensée critique
  • Distinguer design critique, design spéculatif, design prospectif et design fiction
  • Appréhender le design fiction comme une méthode de questionnement du présent plutôt que comme outil de prédiction
→ Études de cas commentées

Définir et mobiliser les outils conceptuels de l’anticipation critique

  • Définir les notions de signaux faibles, Black Swan et What if ?
  • Comprendre comment les signaux faibles permettent de détecter des transformations émergentes
  • Appréhender le Black Swan comme moteur de rupture et d’accélération des systèmes
  • Utiliser le What if ? comme outil narratif pour déplacer les cadres de pensée
  • Identifier les limites de la prospective prédictive et les apports d’une approche fictionnelle
→ Analyse collective d’exemples issus du design, de la science-fiction et de la culture visuelle

Analyser le design fiction comme pratique narrative : objets, récits et artefacts

  • Comprendre le rôle des objets diégétiques et des objets intermédiaires dans le design fiction
  • Analyser comment des artefacts ordinaires peuvent devenir supports de narration du futur
  • Étudier des projets de design fiction basés sur des formats familiers (catalogue, packaging, affiche, manuel, archive…)
  • Interroger la place du graphisme comme outil de transmission, de mémoire et de médiation
→ Études de cas (catalogues fictionnels, objets narratifs, archives du futur)

Concevoir et produire un scénario de design fiction sur le futur du graphisme sous contrainte

  • Formuler collectivement un scénario à partir d’un événement de rupture (ex. crise climatique, restriction énergétique, contrôle institutionnel des technologies)
  • Définir des rôles et métiers du graphisme dans un futur contraint (archiviste, passeur·se de mémoire, bricoleur·se visuel·le…)
  • Construire une narration située : contexte, enjeux, contraintes, risques de censure
  • Produire un objet narratif issu du futur (podcast fictif, archive sonore, micro-zine, document trouvé, capsule documentaire…)
  • Présenter l’objet comme une trace provenant de ce futur, en explicitant son rôle et sa portée critique
→ Atelier de design fiction (travail en groupes)

Évaluer et mettre en perspective la responsabilité du designer dans les futurs projetés

  • Mettre en discussion les futurs imaginés et leurs implications sociales, politiques et culturelles
  • Interroger le rôle du designer graphique au-delà de la production d’images et d’outils
  • Identifier ce que ces fictions révèlent des tensions contemporaines (technologie, contrôle, ressources, narration)
  • Relier les scénarios fictifs aux choix professionnels actuels
  • Formuler des pistes de posture critique dans sa pratique de designer
→ Discussion collective et synthèse

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Profil de l’intervenant

Designer graphique avec plus de 10 ans d’expérience en animation de formation.

Ressources

  • Supports de cours dématérialisés
  • Abonnement de 3 mois à tuto.com
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Tuto.com
Chaque participant bénéficie de 3 mois d'abonnement à tuto.com

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Modalités en présentiel

Parcours pédagogique :

Questionnaire de positionnement 1 jour présentiel Évaluation des acquis

Méthode pédagogique :

Expositive + active + interrogative : exposés théoriques, contextualisation, brainstorming, feedbacks personnalisés

Moyens techniques :

  • Poste de l’intervenant relié à un grand écran

Modalités en distanciel

Pour des raisons pédagogiques, cette formation est proposée exclusivement en présentiel.

Méthodes d'évaluation

  • Validation des acquis pendant la formation grâce à des études de cas et des mises en situation
  • Suivi d'acquisition des objectifs pédagogiques par l'intervenante
  • Évaluation à chaud (remplie en fin de formation) et à froid (à 60 jours)

Pourquoi suivre une formation "Design fiction et narration critique" ?

 

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Le design fiction ne cherche pas à deviner à quoi ressemblera 2040. Il utilise la fiction pour rendre tangibles des futurs possibles, suffisamment cohérents pour que nous puissions les observer, les discuter et surtout revenir avec un regard différent sur le présent.

Une affiche provenant d’un futur où l’énergie serait rationnée. Le mode d’emploi d’un appareil devenu interdit. Le catalogue d’un service qui n’existe pas encore. Une archive sonore racontant un métier de designer profondément transformé par l’automatisation.

Ces objets ne sont pas conçus pour annoncer ce qui va arriver : ils matérialisent une hypothèse.

C’est ce qui distingue cette formation d’une formation classique à la prospective : le scénario devient une matière de design et la narration un outil critique.

Design fiction, design spéculatif, prospective : de quoi parle-t-on exactement ?

Ces termes sont proches mais ne sont pas interchangeables :

  • La prospective cherche à explorer différents futurs possibles et à mieux préparer la décision face à l’incertitude.
  • Le design spéculatif utilise des propositions de design pour interroger des évolutions sociales, scientifiques, technologiques ou politiques.
  • Le design fiction s’appuie plus spécifiquement sur des récits et des artefacts provenant d’un monde hypothétique afin de rendre une situation future suffisamment concrète pour pouvoir en débattre.

Cette fonction de « tangibilisation » est aujourd’hui reprise jusque dans les formations institutionnelles de prospective : l’INSP cite par exemple explicitement le design fiction parmi les méthodes permettant de matérialiser des scénarios.

Le programme insiste justement sur ces distinctions et replace la pratique dans l’histoire du design radical, critique et spéculatif.

Pourquoi imaginer des futurs plutôt que simplement analyser les tendances ?

Parce qu’une tendance nous enferme facilement dans la prolongation de ce que nous connaissons déjà.

Si les modèles d’IA deviennent chaque année plus performants, une projection tendancielle peut simplement conclure qu’ils seront encore plus performants demain.

Le design fiction peut poser une question beaucoup plus déstabilisante :

« Et si une pénurie énergétique interdisait soudainement l’usage quotidien des modèles les plus coûteux ? »

Ou :

« Et si toute image professionnelle devait prouver non pas qu’elle est humaine, mais pourquoi elle n’a pas été générée automatiquement ? »

La valeur de ces hypothèses ne dépend pas de leur probabilité exacte. Elles déplacent les cadres habituels et obligent à examiner autrement des sujets déjà présents : ressources, travail, pouvoir des plateformes, propriété intellectuelle, contrôle de l’information ou rôle du designer.

Signaux faibles et « What if? » : apprendre à déplacer le problème

Le programme introduit plusieurs outils d’anticipation critique.

Un signal faible attire l’attention sur un phénomène encore marginal susceptible d’annoncer une transformation plus importante.

Le « What if? », ou « Et si ? », permet ensuite de modifier une règle du monde actuel et d’en explorer les conséquences :

  • « Et si les interfaces graphiques disparaissaient ? »
  • « Et si l’impression couleur était rationnée ? »
  • « Et si toutes les plateformes propriétaires devenaient inaccessibles aux studios indépendants ? »

Une bonne hypothèse n’est pas seulement spectaculaire. Elle doit produire des conséquences suffisamment riches pour faire apparaître un système : nouveaux métiers, nouveaux usages, contraintes, comportements, réglementations, résistances ou détournements.

La fiction devient alors un outil d’analyse.

Pourquoi fabriquer un artefact plutôt que rester dans le scénario ?

Parce qu’une idée abstraite reste facile à tenir à distance. Un objet oblige à préciser.

Si nous imaginons un futur où les ressources numériques sont fortement rationnées, à quoi ressemble concrètement une interface ? Quel message reçoit l’utilisateur ? Existe-t-il des quotas ? Qui les attribue ? Quel vocabulaire utilise l’administration ? Quelle identité graphique donne crédibilité à ce système ?

Le programme prévoit donc la création de podcasts fictifs, microzines, archives, documents trouvés ou capsules documentaires.

Ces artefacts jouent un rôle narratif : ils semblent provenir du monde imaginé plutôt que simplement le décrire depuis l’extérieur.

C’est précisément cette matérialisation qui permet au design fiction de provoquer une réaction : « accepterions-nous vraiment cela ? », « qui serait avantagé ? », « qui serait exclu ? », « que faudrait-il faire aujourd’hui pour éviter ou favoriser cette évolution ? »

Pourquoi le design graphique est-il particulièrement adapté au design fiction ?

Parce qu’une grande partie de notre compréhension du monde passe déjà par des objets graphiques.

Cartes, affiches, interfaces, formulaires, signalétiques, packagings, identités institutionnelles, médias ou documents administratifs ne se contentent pas de transmettre des informations ; ils matérialisent des systèmes.

Inventer une carte de rationnement fictive, le packaging d’un produit devenu rare ou le manuel d’un métier futur permet donc de montrer comment une transformation politique ou technologique s’inscrirait dans la vie quotidienne.

Cette approche élargit le rôle du designer : il ne produit plus uniquement une réponse visuelle à une commande, mais un dispositif permettant de penser et discuter une situation.

Quel rapport entre design fiction et intelligence artificielle ?

L’IA constitue aujourd’hui un terrain particulièrement fertile pour le design fiction : elle évolue suffisamment vite pour rendre obsolètes certaines certitudes en quelques mois, tout en soulevant des questions de travail, de ressources, de propriété, de contrôle, d’authenticité et de standardisation.

La fiction permet précisément de ne pas limiter la réflexion à « quel sera le prochain modèle ? ».

On peut explorer les conséquences systémiques : 

  • À quoi ressemble une agence où aucun humain ne produit directement d’image ?
  • Qui devient auteur ?
  • Que signifie un portfolio lorsque chaque création peut être générée instantanément ?
  • Quel rôle conserve le designer si la production n’est plus la compétence rare ?

Ces scénarios ne constituent pas les réponses de la formation mais ils illustrent le type de déplacement qu’elle permet.

Design fiction et design responsable : pourquoi suivre les deux ?

Parce qu’ils constituent deux manières complémentaires de développer une posture critique.

Le design responsable demande : quelles conséquences produisent nos choix de conception aujourd’hui et quelles alternatives pouvons-nous défendre ?

Le design fiction demande : que deviennent ces tensions si nous les projetons dans un monde où certaines évolutions se sont radicalisées ?

L’un fournit des critères d’analyse quand l’autre permet de rendre certaines conséquences sensibles et discutables.

On peut donc parfaitement suivre l’une indépendamment de l’autre, mais les deux constituent ensemble un parcours cohérent pour les designers qui souhaitent dépasser une conception du métier réduite à la seule production de formes.

Une approche critique, pas une méthode pour prédire l’avenir

C’est un point important pour éviter un malentendu SEO autant que pédagogique.

Le design fiction n’est ni de la futurologie ni un outil permettant de prédire le marché : il ne promet pas de savoir quels produits seront utilisés dans dix ans.

Sa valeur réside dans l’exploration.

Cette prudence donne paradoxalement davantage de portée à la méthode : un scénario n’a pas besoin de « se réaliser » pour avoir été utile s’il nous a permis de découvrir une conséquence, un angle mort ou une contradiction.

Pour quels métiers le design fiction est-il utile ?

Le designer graphique peut utiliser ses compétences pour matérialiser les systèmes et imaginaires d’un futur possible.

Le Product ou UX Designer peut explorer les effets à long terme d’un service ou d’une technologie.

Un communicant peut examiner l’évolution des récits, des médias ou de la confiance.

Un responsable innovation ou transformation peut introduire des scénarios moins consensuels dans une réflexion stratégique.

Un enseignant peut utiliser la fiction pour déplacer les représentations et favoriser le débat.

Le point commun n’est donc pas le métier, mais la nécessité de réfléchir à des transformations dont les conséquences ne sont pas encore complètement visibles.

En intra : mettre en débat le futur d’un métier ou d’une organisation

Le design fiction prend une dimension particulière lorsqu’une équipe partage le même environnement professionnel :

  • Une direction de création peut travailler sur le futur de son métier face à l’automatisation.
  • Un média peut explorer ce que deviendra la confiance dans un environnement saturé de contenus synthétiques.
  • Une organisation publique peut imaginer les conséquences d’une contrainte environnementale ou réglementaire poussée à son terme.

Une formation intra / sur mesure permet alors de construire le scénario autour d’une tension réellement vécue par l’organisation.

Le but n’est pas d’obtenir un plan stratégique prêt à exécuter à la fin de la journée. Il est de rendre certaines hypothèses suffisamment concrètes pour pouvoir les discuter autrement.

FAQ

Le design fiction sert-il à prédire le futur ?

Non. Il explore des futurs possibles afin d’interroger le présent. Le scénario est une hypothèse de travail, pas une prévision.

Faut-il savoir écrire des histoires ?

Non. La narration est utilisée comme outil de conception. Le programme travaille autant avec des objets, documents, archives, images ou formats familiers qu’avec du récit écrit.

Quelle différence avec une formation classique à la prospective ?

La prospective utilise de nombreuses méthodes d’analyse et de construction de scénarios. Le design fiction se distingue notamment par la matérialisation de ces futurs sous forme d’artefacts destinés à susciter une réaction et un débat.

Doit-on être designer pour suivre la formation ?

Non. Designers, communicants, enseignants, chargés de mission ou professionnels de l’innovation peuvent y trouver un intérêt. Une culture des enjeux contemporains importe davantage qu’une compétence technique.

Peut-on appliquer le design fiction à l’IA ou aux transformations écologiques ?

Oui. Ce sont même des sujets particulièrement adaptés puisqu’ils combinent incertitudes, mutations rapides, enjeux systémiques et conséquences difficiles à percevoir uniquement à partir de données actuelles.

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Dernière mise à jour le 14 septembre 2026